Découvrez comment la mitophagie reconnaît et élimine les mitochondries endommagées grâce à PINK1, Parkin, aux autophagosomes et au recyclage lysosomal.
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Mitophagie : comment les cellules reconnaissent et éliminent les mitochondries endommagées
Introduction
Les mitochondries produisent une grande partie de l’énergie dont les cellules ont besoin. Par phosphorylation oxydative, elles convertissent l’énergie des nutriments en adénosine triphosphate (ATP). Cependant, les mitochondries ne sont pas des centrales énergétiques immuables. Elles sont constamment exposées à une charge métabolique, à des variations de la disponibilité en oxygène, à des espèces réactives de l’oxygène et à des dommages touchant les protéines, les membranes et l’ADN mitochondrial.
Pour continuer à fonctionner correctement, les cellules disposent d’un système complet de contrôle qualité mitochondrial. Les composants endommagés peuvent être réparés, les mitochondries peuvent fusionner ou se scinder, et les mitochondries gravement endommagées peuvent être éliminées sélectivement.
Ce processus de nettoyage sélectif est appelé mitophagie.
La mitophagie est une forme spécialisée d’autophagie dans laquelle les mitochondries excédentaires, vieillissantes ou endommagées sont reconnues, isolées puis finalement dégradées dans les lysosomes. Les constituants moléculaires libérés peuvent ensuite être réutilisés par la cellule.
La mitophagie est importante pour l’équilibre entre :
-
les dommages mitochondriaux ;
-
l’élimination des mitochondries qui fonctionnent mal ;
-
la formation de nouvelles mitochondries ;
-
production d’énergie ;
-
l’équilibre oxydatif ;
-
l’adaptation cellulaire au stress.
Les changements liés à la mitophagie sont notamment étudiés dans le cadre du vieillissement biologique, de la neurodégénérescence, des processus cardiovasculaires, de la fonction musculaire, des maladies métaboliques et de la régulation immunitaire.
Qu’est-ce que la mitophagie ?
Le mot mitophagie se compose de deux parties :
-
mito fait référence aux mitochondries ;
-
phagie signifie manger ou dégrader.
La mitophagie signifie littéralement la dégradation contrôlée des mitochondries.
Ce processus appartient aux formes sélectives de la macroautophagie. Lors de l’autophagie générale, différents composants cellulaires endommagés ou superflus sont dégradés. Dans la mitophagie, le système cible spécifiquement les mitochondries.
Au cours de la mitophagie, une mitochondrie sélectionnée est entourée d’une double membrane. Il se forme ainsi une structure appelée autophagosome.
L’autophagosome fusionne ensuite avec un lysosome. Les lysosomes contiennent des enzymes capables de dégrader les structures biologiques.
Dans le lysosome sont notamment dégradés :
-
des protéines mitochondriales ;
-
des membranes endommagées ;
-
des phospholipides ;
-
des fragments d’ADN mitochondrial ;
-
d’autres composants mitochondriaux.
Les acides aminés, acides gras et autres molécules libérés peuvent être réutilisés.
La mitophagie n’est donc pas seulement un système de traitement des déchets. Elle participe également au recyclage cellulaire et à la régulation énergétique.
Pourquoi les mitochondries doivent-elles être contrôlées ?
Les mitochondries assurent plusieurs fonctions essentielles.
Elles participent à :
-
la production d’ATP ;
-
l’oxydation des acides gras ;
-
régulation du calcium ;
-
production et régulation des espèces réactives de l’oxygène ;
-
synthèse de certaines molécules ;
-
réponses cellulaires au stress ;
-
mort cellulaire programmée.
Lors de la production d’énergie, des électrons circulent dans la chaîne de transport d’électrons. Une petite partie de ces électrons peut s’échapper prématurément et contribuer à la formation d’espèces réactives de l’oxygène.
En quantités contrôlées, ces molécules agissent comme des messagers. Lorsque leur production reste longtemps supérieure à la capacité antioxydante, un stress oxydatif peut apparaître.
Les mitochondries endommagées peuvent :
-
produire moins d’ATP ;
-
former davantage d’espèces réactives de l’oxygène ;
-
perdre leur potentiel membranaire ;
-
réguler moins efficacement le calcium ;
-
influencer les signaux inflammatoires ;
-
libérer du matériel mitochondrial endommagé.
L’élimination des mitochondries gravement endommagées contribue à empêcher l’accumulation des dommages mitochondriaux.
Contrôle qualité mitochondrial
La mitophagie ne constitue qu’un élément d’un système plus vaste de contrôle qualité.
Les mitochondries utilisent différents mécanismes pour maintenir leur fonction :
1. Contrôle qualité des protéines mitochondriales
Les protéines endommagées ou mal repliées peuvent être reconnues et dégradées par les protéases mitochondriales.
2. Fusion mitochondriale
Lors de la fusion, les mitochondries se connectent entre elles.
Les composants mitochondriaux peuvent ainsi être échangés. Une mitochondrie partiellement endommagée peut éventuellement être soutenue par sa connexion à une mitochondrie qui fonctionne mieux.
3. Fission mitochondriale
Lors de la fission mitochondriale, également appelée division, une mitochondrie est divisée.
Les composants endommagés peuvent ainsi être séparés de la partie du réseau mitochondrial qui fonctionne mieux.
4. Mitophagie
Lorsque les dommages ne peuvent pas être suffisamment réparés, la mitochondrie endommagée peut être sélectionnée pour être dégradée.
5. Biogenèse mitochondriale
De nouveaux composants mitochondriaux sont formés et le réseau mitochondrial est renouvelé.
Une population mitochondriale saine dépend donc d’un équilibre dynamique entre la réparation, la fusion, la fission, l’élimination et le renouvellement.
Comment une cellule reconnaît-elle une mitochondrie endommagée ?
Un signal important est la modification ou la perte du potentiel membranaire mitochondrial.
La membrane interne mitochondriale présente une différence de potentiel électrochimique. Ce potentiel membranaire est nécessaire à une production efficace d’ATP.
Lorsqu’une mitochondrie est gravement endommagée, le potentiel membranaire peut diminuer.
La cellule peut reconnaître cette modification grâce à des protéines spécialisées.
La voie la plus étudiée est la suivante :
Voie de signalisation PINK1–Parkin
PINK1 signifie :
kinase 1 induite par PTEN
Parkin est une E3-ubiquitine ligase codée par le gène PRKN.
Ensemble, PINK1 et Parkin fonctionnent comme des éléments d’un système de contrôle mitochondrial.
PINK1 dans les mitochondries saines
Dans une mitochondrie saine, PINK1 est continuellement transportée vers la mitochondrie.
Grâce au potentiel membranaire normal, PINK1 peut traverser les membranes mitochondriales par l’intermédiaire de complexes de transport spécialisés.
La protéine est ensuite transformée et dégradée.
La quantité de PINK1 sur la membrane externe des mitochondries saines reste ainsi faible.
La dégradation continue de PINK1 agit comme une sorte de signal de contrôle :
le potentiel membranaire mitochondrial fonctionne et la mitochondrie ne présente aucun signal d’alerte évident.
Que se passe-t-il en cas de perte du potentiel membranaire ?
Lorsque le potentiel membranaire diminue fortement, PINK1 ne peut plus être importée normalement.
PINK1 s’accumule ensuite à la surface de la mitochondrie endommagée.
PINK1 y active plusieurs processus :
-
PINK1 se stabilise sur la membrane mitochondriale externe.
-
PINK1 phosphoryle l’ubiquitine.
-
Parkin est recrutée et activée.
-
Parkin ajoute des molécules d’ubiquitine supplémentaires aux protéines de la membrane mitochondriale externe.
-
Les signaux d’ubiquitine sont reconnus par des protéines adaptatrices de l’autophagie.
-
La mitochondrie endommagée est reliée à la machinerie autophagique.
Cela forme un signal amplifié par lequel la cellule marque la mitochondrie endommagée en vue de son élimination.
Qu’est-ce que l’ubiquitine ?
L’ubiquitine est une petite protéine régulatrice.
Les cellules peuvent fixer des molécules d’ubiquitine à d’autres protéines. Cela crée un marquage moléculaire.
Selon l’emplacement et la structure de la chaîne d’ubiquitine, le marquage peut avoir différentes significations.
L’ubiquitine peut notamment signaler que :
-
une protéine doit être dégradée ;
-
une protéine doit être déplacée vers un autre emplacement ;
-
un élément cellulaire endommagé doit être reconnu ;
-
les processus autophagiques doivent être activés.
Lors de la mitophagie médiée par PINK1–Parkin, plusieurs protéines de la membrane mitochondriale externe reçoivent des marquages à l’ubiquitine.
Ces marquages aident les protéines adaptatrices de l’autophagie à reconnaître la mitochondrie endommagée.
Le rôle des protéines adaptatrices de l’autophagie
Les marquages à l’ubiquitine sont reconnus par des protéines adaptatrices spécialisées.
Voici quelques exemples :
-
OPTN ;
-
NDP52 ;
-
p62 ;
-
NBR1 ;
-
TAX1BP1.
Ces protéines adaptatrices peuvent se lier à des protéines de la famille LC3/GABARAP présentes sur la membrane autophagique en croissance.
Cela crée un lien physique entre :
-
la mitochondrie marquée ;
-
la machinerie autophagique ;
-
la membrane qui va entourer la mitochondrie.
La mitochondrie endommagée est ensuite progressivement enveloppée.
Qu’est-ce qu’un autophagosome ?
Un autophagosome est une structure temporaire à double membrane.
La membrane se développe autour de la mitochondrie sélectionnée jusqu’à ce que celle-ci soit entièrement encerclée.
L’autophagosome formé transporte le matériel mitochondrial vers le système de dégradation lysosomale.
La formation d’un autophagosome nécessite la coopération de plusieurs protéines liées à l’autophagie.
Parmi les éléments importants figurent notamment :
-
complexes ULK ;
-
complexes liés à Beclin-1 ;
-
protéines ATG ;
-
protéines LC3 et GABARAP.
La mitophagie n’est donc pas une réaction isolée, mais un processus organisé dans lequel la signalisation mitochondriale et les mécanismes généraux de l’autophagie coopèrent.
Dégradation dans le lysosome
Une fois la mitochondrie entièrement encerclée, l’autophagosome fusionne avec un lysosome.
Cela entraîne la formation d’un autolysosome.
Les enzymes lysosomales dégradent le matériel mitochondrial.
Les produits de dégradation peuvent être réutilisés pour :
-
synthèse des protéines ;
-
formation des membranes ;
-
production d’énergie ;
-
d’autres processus métaboliques.
L’ensemble du processus, de la reconnaissance à la dégradation, est appelé flux mitophagique.
Mesurer uniquement le nombre d’autophagosomes ne suffit donc pas à déterminer si la mitophagie a réellement augmenté.
En effet, de nombreux autophagosomes peuvent également se former lorsque la dernière étape de dégradation ne fonctionne pas correctement.
PINK1 et Parkin ne sont pas la seule voie de la mitophagie
Bien que la voie PINK1–Parkin soit le mécanisme le plus connu, il existe également d’autres formes de mitophagie.
Certaines protéines mitochondriales peuvent se connecter directement à la machinerie autophagique.
Voici des exemples de récepteurs de la mitophagie :
-
BNIP3 ;
-
NIX, également connu sous le nom de BNIP3L ;
-
FUNDC1 ;
-
BCL2L13 ;
-
FKBP8.
Ces récepteurs contiennent souvent une région d’interaction avec LC3.
Cela leur permet de se lier directement aux protéines LC3 ou GABARAP.
La mitophagie dépendante de récepteurs peut être importante dans :
-
déficit en oxygène ;
-
développement des globules rouges ;
-
différenciation cellulaire ;
-
adaptation métabolique ;
-
réponses au stress spécifiques des tissus.
Mitophagie au cours du développement des globules rouges
Les globules rouges matures ne contiennent pas de mitochondries.
Au cours de leur développement, les cellules précurseures doivent donc éliminer leurs mitochondries.
NIX joue un rôle important dans ce processus.
Cela montre que la mitophagie ne se contente pas d’éliminer les mitochondries endommagées. Le processus peut également servir à éliminer de manière contrôlée des mitochondries saines lorsqu’un type cellulaire n’en a plus besoin.
La mitophagie intervient donc à la fois dans le contrôle qualité et dans le développement cellulaire normal.
Mitophagie et stress oxydatif
Les mitochondries endommagées peuvent présenter une production accrue de composés réactifs de l’oxygène.
Lorsque ces mitochondries ne sont pas éliminées, la charge oxydative peut augmenter.
La mitophagie peut contribuer à l’équilibre oxydatif en dégradant sélectivement les mitochondries qui fonctionnent mal.
La relation n’est toutefois pas simple.
Une quantité limitée d’espèces réactives de l’oxygène peut activer les signaux de mitophagie. En revanche, des dommages oxydatifs graves ou prolongés peuvent également perturber les processus autophagiques et lysosomaux.
Le résultat biologique dépend de :
-
l’intensité du stress ;
-
la durée du stress ;
-
le type cellulaire ;
-
l’état des mitochondries ;
-
la capacité antioxydante disponible.
La mitophagie et la biogenèse mitochondriale
L’élimination des mitochondries endommagées ne constitue qu’une moitié du renouvellement mitochondrial.
De nouveaux composants mitochondriaux doivent également être formés.
Ce processus est appelé biogenèse mitochondriale.
PGC-1α est souvent décrit comme un régulateur important de la biogenèse mitochondriale.
PGC-1α influence notamment :
-
l’expression des gènes mitochondriaux ;
-
la formation des protéines mitochondriales ;
-
le métabolisme oxydatif ;
-
l’adaptation aux besoins énergétiques.
Un réseau mitochondrial sain nécessite probablement une bonne coordination entre :
mitophagie → élimination
et
biogenèse → renouvellement
Lorsque seule l’élimination a lieu sans renouvellement suffisant, la capacité mitochondriale globale peut diminuer.
Lorsque seuls de nouveaux composants mitochondriaux sont produits sans contrôle qualité adéquat, les mitochondries endommagées peuvent s’accumuler.
La mitophagie et le vieillissement biologique
Au cours du vieillissement biologique, des modifications peuvent survenir au niveau de :
-
le potentiel de membrane mitochondrial ;
-
l’ADN mitochondrial ;
-
la production d’ATP ;
-
l’équilibre oxydatif ;
-
la fonction lysosomale ;
-
l’activité autophagique ;
-
la dynamique mitochondriale.
Différents modèles expérimentaux montrent que l’efficacité de la mitophagie peut évoluer au cours du vieillissement.
Une élimination réduite des mitochondries endommagées peut contribuer à l’accumulation de dommages mitochondriaux.
Parallèlement, le vieillissement est un processus complexe. Les modifications de la mitophagie peuvent être à la fois la cause et la conséquence d’autres changements cellulaires.
Il est donc trop simpliste d’expliquer le vieillissement uniquement par une diminution de la mitophagie.
La mitophagie et la recherche sur les maladies neurodégénératives
Les cellules cérébrales dépendent fortement de la production d’énergie mitochondriale.
Les neurones peuvent avoir de très longs prolongements. Les mitochondries doivent donc être transportées sur de grandes distances vers les endroits où les besoins énergétiques sont élevés.
Les modifications du contrôle qualité mitochondrial sont étudiées dans plusieurs maladies neurodégénératives.
Les gènes PINK1 et PRKN sont particulièrement pertinents, car certaines modifications génétiques sont associées à des formes héréditaires de la maladie de Parkinson à début précoce.
Les processus étudiés comprennent notamment :
-
élimination réduite des mitochondries endommagées ;
-
modifications du transport mitochondrial ;
-
le stress oxydatif ;
-
une accumulation anormale de protéines ;
-
des modifications de la production énergétique neuronale.
Cela ne signifie pas qu’une stimulation générale de la mitophagie constitue un traitement éprouvé.
Les neurones ont une organisation mitochondriale complexe, et les résultats des études sur des modèles cellulaires ne peuvent pas être directement transposés aux effets cliniques.
La mitophagie et la recherche cardiovasculaire
Les cellules du muscle cardiaque ont constamment besoin de grandes quantités d’ATP.
Une bonne fonction mitochondriale est donc importante pour l’approvisionnement énergétique du cœur.
La mitophagie est étudiée dans des modèles de :
-
le vieillissement cardiaque ;
-
l’ischémie ;
-
les lésions de reperfusion ;
-
la charge oxydative ;
-
les modifications de la fonction du muscle cardiaque.
Lors d’une ischémie, les tissus reçoivent temporairement moins d’oxygène.
Lorsque l’apport sanguin est rétabli, de fortes modifications peuvent survenir dans les processus oxydatifs mitochondriaux.
Dans certaines circonstances, la mitophagie peut contribuer à éliminer les mitochondries endommagées.
Cependant, une dégradation mitochondriale insuffisante comme excessive peut être défavorable. Le moment et la régulation sont donc importants.
La mitophagie et la santé métabolique
Les mitochondries jouent un rôle central dans :
-
l’oxydation du glucose ;
-
l’oxydation des acides gras ;
-
la flexibilité métabolique ;
-
la production de chaleur ;
-
la régulation énergétique cellulaire.
Les modifications du contrôle qualité mitochondrial sont étudiées dans :
-
l’obésité ;
-
la résistance à l’insuline ;
-
le diabète de type 2 ;
-
le syndrome métabolique ;
-
la stéatose hépatique métabolique.
Les mitochondries endommagées peuvent influencer les processus oxydatifs et la signalisation métabolique.
Cependant, la relation entre la mitophagie et la santé métabolique varie selon l’organe.
Une modification bénéfique dans le tissu musculaire peut ne pas avoir le même effet dans les cellules hépatiques, adipeuses ou pancréatiques.
La mitophagie et le système immunitaire
Les mitochondries influencent différents processus immunitaires.
Les mitochondries endommagées peuvent libérer des molécules que la cellule reconnaît comme des signaux de danger.
Voici quelques exemples :
-
l’ADN mitochondrial ;
-
les espèces réactives de l’oxygène ;
-
les composants de la membrane mitochondriale.
Ces signaux peuvent influencer les voies inflammatoires.
La mitophagie peut contribuer à éliminer les mitochondries endommagées avant que de grandes quantités de signaux mitochondriaux de danger ne soient libérées.
C’est pourquoi la mitophagie est étudiée en lien avec :
-
l’immunité innée ;
-
la signalisation inflammatoire ;
-
l’activation de l’inflammasome ;
-
le vieillissement immunitaire.
Cependant, la mitophagie n’est pas simplement anti-inflammatoire. Le résultat dépend du type cellulaire, de la cause des dommages mitochondriaux et de la voie de signalisation impliquée.
La mitophagie et le tissu musculaire
Les cellules musculaires ont besoin de nombreuses mitochondries pour produire de l’énergie.
Pendant l’activité physique, les besoins énergétiques changent fortement.
L’entraînement peut influencer les signaux impliqués dans :
-
biogenèse mitochondriale ;
-
fusion mitochondriale ;
-
fission mitochondriale ;
-
autophagie ;
-
mitophagie.
Cela permet au réseau mitochondrial de s'adapter à une charge métabolique répétée.
La mitophagie est étudiée dans le cadre de l'adaptation musculaire, du vieillissement musculaire et du maintien de la qualité mitochondriale.
Une mitophagie accrue n'est toutefois pas automatiquement préférable.
Un équilibre fonctionnel entre élimination et renouvellement reste nécessaire.
La mitophagie peut-elle être mesurée ?
La mitophagie est difficile à mesurer, car il s'agit d'un processus dynamique.
Les chercheurs utilisent notamment :
-
microscopie en fluorescence ;
-
marqueurs mitochondriaux ;
-
marqueurs de LC3 ;
-
marqueurs lysosomaux ;
-
microscopie électronique ;
-
reporters génétiques ;
-
capteurs de pH ciblant les mitochondries.
Parmi les reporters spécialisés figurent mt-Keima et mito-QC.
Ces techniques peuvent aider à déterminer si le matériel mitochondrial atteint effectivement un environnement lysosomal acide.
Un défi important consiste à distinguer :
-
formation accrue d'autophagosomes ;
-
dégradation accrue ;
-
blocage de la dégradation lysosomale.
C'est pourquoi il est important de mesurer l'ensemble du flux mitophagique.
Une mitophagie accrue est-elle toujours bénéfique ?
Non.
La mitophagie est un processus d'équilibre régulé.
Une mitophagie insuffisante peut entraîner l'accumulation de mitochondries endommagées.
Une élimination excessive des mitochondries peut éventuellement entraîner :
-
perte de masse mitochondriale ;
-
diminution de la capacité de production d'ATP ;
-
perturbation métabolique ;
-
augmentation du stress cellulaire.
L'activité optimale varie selon :
-
type cellulaire ;
-
organe ;
-
âge ;
-
besoins énergétiques ;
-
niveau de stress ;
-
processus pathologique.
La recherche scientifique s'intéresse donc de plus en plus au rétablissement de l'équilibre plutôt qu'à l'activation maximale d'une seule voie.
La mitophagie comme cible de recherche potentielle
Différents groupes de recherche étudient des moyens d'influencer le contrôle qualité mitochondrial.
Les axes de recherche possibles sont :
-
modulation de PINK1 ;
-
activation ou régulation de Parkin ;
-
inhibition des enzymes de désubiquitination ;
-
modulation des récepteurs de la mitophagie ;
-
soutien de la fonction lysosomale ;
-
régulation de la biogenèse mitochondriale.
Bien que ces voies soient biologiquement intéressantes, leur transposition clinique demeure complexe.
Une amélioration moléculaire dans un modèle cellulaire ne signifie pas automatiquement que les symptômes, la fonction des organes ou l'évolution de la maladie s'amélioreront chez l'être humain.
Limites des recherches actuelles
Les principales limites sont :
-
de nombreuses études ont été menées sur des cellules et des animaux ;
-
les dommages mitochondriaux artificiels peuvent différer des processus pathologiques humains ;
-
différents tissus utilisent différentes voies de mitophagie ;
-
PINK1–Parkin n'est pas la seule voie ;
-
la mitophagie est difficile à mesurer directement chez l'être humain ;
-
une mitophagie accrue n'est pas automatiquement bénéfique ;
-
Les changements observés au niveau des marqueurs ne prouvent pas toujours une augmentation du flux mitophagique ;
-
Les effets à long terme d’une intervention ciblée ne sont pas encore entièrement connus.
Les résultats scientifiques doivent donc être évalués dans le contexte du modèle de recherche utilisé.
Conclusion
La mitophagie est le processus sélectif par lequel les cellules reconnaissent et dégradent les mitochondries en excès, vieillissantes ou endommagées.
Elle constitue un élément important du contrôle qualité mitochondrial.
La voie PINK1–Parkin est le mécanisme le plus connu. En cas de perte du potentiel de membrane mitochondrial, PINK1 s’accumule sur la face externe de la mitochondrie endommagée. PINK1 active Parkin, après quoi les protéines mitochondriales sont pourvues de marqueurs d’ubiquitine.
Des protéines adaptatrices de l’autophagie reconnaissent ces signaux et relient la mitochondrie à la machinerie autophagique.
La mitochondrie est ensuite enfermée dans un autophagosome et dégradée par des processus lysosomaux.
Outre PINK1 et Parkin, il existe des voies dépendantes de récepteurs impliquant des protéines telles que BNIP3, NIX et FUNDC1.
La mitophagie agit de concert avec la fusion, la fission et la biogenèse mitochondriales. Un réseau mitochondrial sain nécessite un équilibre entre élimination et renouvellement.
Les modifications de la mitophagie sont étudiées dans le cadre du vieillissement biologique, de la neurodégénérescence, des processus cardiovasculaires, de la santé métabolique, de la fonction musculaire et de la régulation immunitaire.
Bien que la mitophagie constitue un domaine de recherche important, un mécanisme biologiquement plausible n’implique pas automatiquement qu’une stimulation ciblée soit cliniquement efficace ou sûre.
Résumé
La mitophagie est une forme sélective d’autophagie au cours de laquelle les mitochondries endommagées ou en excès sont éliminées. La voie PINK1–Parkin détecte notamment la perte du potentiel de membrane mitochondrial et marque les mitochondries endommagées avec de l’ubiquitine. Les autophagosomes enveloppent la mitochondrie sélectionnée, puis les lysosomes dégradent et recyclent le matériau. La mitophagie contribue au contrôle qualité mitochondrial, mais doit rester en équilibre avec la biogenèse mitochondriale.
Avertissement concernant la recherche
Ces informations sont exclusivement destinées à des fins éducatives et scientifiques. Les mécanismes décrits ne constituent pas un avis médical et ne doivent pas être interprétés comme un diagnostic, un traitement, une prévention ou une guérison avérés d’une affection. Les produits de recherche de Peptidera sont exclusivement destinés à la Research Use Only (RUO) et ne sont pas destinés à la consommation humaine.
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